Le 04/05/2020

Coronavirus : poursuivre/reprendre l'activité en sécurité

Lorsqu’une entreprise poursuit/reprend son activité, une réorganisation et une adaptation des pratiques est nécessaire. Infos utiles et bonnes pratiques.

Mots-clés :

Quelles que soient les mesures mises en place pour réduire le risque de contamination au COVID-19, un risque peut en cacher un autre. Les règles habituelles de sécurité sont donc toujours applicables et il faut rester vigilant à l’ensemble des risques professionnels !

Guides et fiches sectorielles

Le protocole nationale de déconfinement et les bonnes pratiques présentées dans les guides et fiches sectorielles du Ministère du Travail doivent être mises en place pour le 11 mai. Attention de nouvelles fiches sont créées régulièrement et leur contenu peut évoluer.

D’autres guides ont également été créés par les organisations professionnelles :

Approvisionnement en équipements de sécurité sanitaire

Les CCI se sont associées à CDiscount pour fournir aux TPE et PME des masques chirugicaux EN 14683 ou équivalent : https://www.cdiscount.com/masques. Commande minimale : 50 masques. Commande maximale : 25 masques par personne dans l'entreprise par quinzaine et dans la limite de 250 personnes.

Les CCI se sont également associées à La Poste pour approvisionner les entreprises de moins de 50 salariés de masques « grand public ». Les entreprises de 10 à 49 salariées pourront commander dès le 2 mai et les entreprises de moins de 10 salariés à partir du 4 mai sur la plateforme https://masques-pme.laposte.fr/. La commande est limitée selon le nombre de salariés.

De manière plus générale, retrouvez toutes les plateformes et adresses locales pour vous approvisionner en gel, masques, visières, … sur notre page dédiée.

Bonnes pratiques

Cette check-list s’applique aux activités autorisées. Elle est non exhaustive et susceptible d’évoluer dans le temps (découvertes scientifiques, décisions gouvernementales, …).

S’organiser

Le document unique doit être mis à jour pour évaluer le risque de contamination au COVID-19 et le réduire au maximum avec :

  • Des actions de prévention des risques professionnels,
  • Des actions d’information, notamment sur les recommandations officielles,
  • Des actions de formation,
  • La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

Attention, les mesures prises et le contexte actuel engendrent un impact sur d’autres risques (risques psycho-sociaux, troubles musculo-squelettiques, …). Ces autres risques doivent alors faire l’objet d’une évaluation et de la mise en place d’un plan d’actions pour les réduire.

Les collaborateurs pouvant reprendre leur activité doivent être identifiés. Certains peuvent être empêchés par les gardes d’enfants jusqu’à la réouverture des écoles. D’autres sont des personnes à risque qui ne peuvent pas télétravailler et les modalités de leur déconfinement sont assez floues au moment de la rédaction de cet article.

Lorsqu’il est possible le télétravail doit être appliqué. Pour fluidifier vos échanges à distance des outils existent, certains sont gratuits. Pour garantir la sécurité des données, la CNIL a émis des recommandations pour les employeurs et pour les salariés.

Pour les salariés ne pouvant pas télétravailler, l’organisation du travail doit être repensée pour respecter les gestes barrières, la distanciation sociale et les bonnes pratiques des guides et fiches sectorielles du ministère. Attention, les bonnes pratiques de certaines activités demandent des moyens particuliers.

 

Organiser l’arrivée sur le lieu de travail

Echanger en amont avec les salariés permet de détecter et réduire les difficultés possibles pour effectuer les trajets domicile-travail en limitant la propagation du virus (salariés qui prennent les transports en commun, covoiturage, … ). A partir du 11 mai, le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun.

Echelonner les horaires de travail permet :

  • Aux salariés utilisant les transports en commun d’éviter les horaires de forte affluence,
  • De supprimer les regroupements à l’arrivée et au départ du lieu de travail.

Pour mémoire chaque collaborateur doit avoir sur soi 3 documents lors de ses déplacements entre son domicile et son lieu de travail (suppression de cette mesure à partir du déconfinement pour les déplacements  < 100 km) :

  • Une pièce d’identité,
  • L’attestation de déplacement dérogatoire remplie, datée et signée chaque jour sous formulaire imprimé et rempli, manuscrit ou numérique,

 

Consignes de sécurité sur le lieu de travail

Les gestes barrières et règles de distanciation doivent être affichées dans l’entreprise. Ils peuvent également être retranscrits dans des procédures qui seront éventuellement signées par les salariés.

D’autres règles de sécurité doivent être mises en place :

  • Limiter au strict nécessaire les réunions en présentiel (visioconférence) et les organiser dans le respect des règles de distanciation,
  • Limiter les regroupements de salariés dans les espaces réduits (salles de pauses, vestiaires, sanitaires, …),
  • Reporter ou annuler les déplacements non indispensables,
  • Protéger les salariés en contact avec des clients (téléphone/visio, film plastique, plexiglas, …),
  • Interdire le prêt des outils,
  • Imposer une seule personne par véhicule,
  • Respecter la distanciation,
  • Aérer toutes les 3 heures les pièces fermées pendant 15 minutes.

 

Les espaces de travail doivent être réorganiser de manière à fluidifier les flux de personnes, éviter/limiter au maximum les croisements et délimiter les zones d’interventions des tiers.

Pour ces mêmes raisons l’organisation du travail doit être revue : prise de rendez-vous, échelonnement des horaires de pause,  …

 

Enfin de manière générale, le travail doit être adapté. Selon l’activité cela peut se traduire par une rotation des équipes, un rituel de prise de poste avec lavage des mains et nettoyage du poste de travail, …

 

Nettoyage

 

Le personnel d’entretien doit être équipé de ses équipements de protection habituels.

Lorsque les lieux n’ont pas été fréquentés dans les 5 derniers jours, le protocole habituel de nettoyage suffit. Il est uniquement recommandé de bien aérer les locaux et laisser couler l’eau pur évacuer le volume qui a stagné dans les canalisations pendant la fermeture.

Après réouverture, il convient d’utiliser pour le nettoyage quotidien des produits contenant un tensioactif pour les surfaces (présent dans les savons, dégraissants, détergents et détachants).

Lorsque l’évaluation des risques le justifie, une opération de désinfection peut être effectuée en plus du nettoyage. Elle est réalisée avec un produit répondant à la norme virucide (NF EN 14476 juillet 2019) ou avec d’autres produits comme l’eau de javel à concentration de 0,5% de chlore actif.

Ces opérations doivent respecter les préconisation indiqués dans le document ED 6347 de l’INRS. DE manière générale, il convient de ne pas remettre en suspension dans l’air les micro-organismes présents sur les surfaces (ne pas utiliser de jet d’eau à haute pression, ne pas secouer les chiffons, …) mais d’employer des lignettes pré-imbibées ou à imbiber du produit de son choix, des raclettes, …

Plusieurs par jour, les surfaces et objets régulièrement touchés (poignés de porte, copieurs, commandes, robinets, …) doivent être nettoyés-désinfectés à l’aide de lingettes ou bandeaux nettoyant contenant un tensio-actif. Une attention particulière doit être portée aux surface en plastique et acier.

 

 

Les déchets potentiellement contaminés sont mis dans des doubles sac poubelle conservés 24h dans un endroit clos dédié puis éliminés par la filière des ordures ménagères.

 

Contamination ou de suspicion de contamination

 

L’entreprise doit prévoir, le cas échéant avec la médecine du travail, la procédure à suivre pour prendre en charge les personnes symptomatiques afin de les isoler rapidement dans une pièce dédiée et de les inviter à rentrer chez eux et contacter leur médecin traitant. L’identification des personnes contacts en cas de survenu d’un cas avéré doit être facilité avec une matrice des contacts qualifiés (« à risque » ou « à risque négligeable »).

 

En présence d’une personne symptomatique :

  1. Isoler la personne symptomatique dans une pièce dédiée en appliquant les gestes barrières avec port d’un masque « grand public » ou chirurgical si disponible
  2. Mobiliser le professionnel de santé dédié de l’établissement, un sauveteur/secouriste du travail formé au risque COVI ou le référent COVID. Lui fournir un masque avant son intervention
  3. En l’absence de signe de gravité, contacter le médecin du travail ou demander à la personne symptomatique de contacter son médecin traitant pour avis médical. Si confirmation d’absence de gravité, organiser son retour à domicile en évitant les transports en commun.

 

En cas de signe de gravité (détresse respiratoire par exemple), appeler le SAMU – composer le 15 (en étant suffisamment proche de la personne afin de permettre au médecin de lui parler éventuellement) :

  • Se présenter, présenter en quelques mots la situation (COVID-19, pour qui, quels symptômes), donner son numéro de téléphone, préciser la localisation et les moyens d’accès ; l’assistant de régulation passera un médecin et donnera la conduite à tenir (en demandant souvent de parler à la personne ou de l’entendre respirer)
  • S l’envoi des secours et décidé par le centre 15, organiser l’accueil des secours, rester à proximité (en respectant la distanciation de 1 m) de la personne pour la surveiller le temps que les secours arrivent ; en cas d’éléments nouveaux importants, rappeler le Samu 15 ; ne jamais s’énerver ou agir dans la précipitation
  1. Après la prise en charge de la personne, prendre contact avec le service de santé au travail et suivre ses consignes, y compris pour le nettoyage du poste de travail et le suivi des salariés.
  2. Si le cas COVID est confimé, l’identification et la prise en charge des contacts seront organisées par les acteurs de niveau 1 et 2 du contact-tracing (médecin prenant en charge le cas et plateformes de l’Assurance Maladie) : les contacts évalués « à risque » selon la définition de Santé publique France seront pris en charge et placés en quatorzaine (pendant 14 jours après la dat du dernier contact avec le cas confirmé). Les acteurs de contact-tracing pourront s’appuyer sur les matrices des contacts en entreprise réalisées en amont ainsi que, le cas échéant, sur la médecine du travail pour faciliter l’identification des contacts et leur qualification (« à risque » ou « à risque négligeable »).

 

 

Ressources utiles :

https://travail-emploi.gouv.fr/le-ministere-en-action/coronavirus-covid-19/questions-reponses-par-theme/

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/covid19_obligations_employeur.pdf

http://www.nievre.cci.fr/actualite/coronavirus-les-mesures-utiles-aux-entreprises

 

 

 

 

Contact :

Elodie ROPPE
Conseillère environnement & développement durable
Direction de l'Appui aux Entreprises et aux Territoires
03 86 60 61 53 - Contacter par email